Facebook Youtube Pinterest Instagram

La première fois que j’ai vu le travail du  chorégraphe Itzik Galili, j’avais 15 ans. Sa compagnie présentait un spectacle pendant le Festival de danse « le temps d’aimer » à Biarritz.  Je venais tout juste d’intégrer la formation professionnelle de Michèle et Jean-Marc Marquerol (un bijou d’école de danse privée, à Bayonne.) Les étoiles dans les yeux en sortant de la salle de théâtre, je m’étais dis : « Ah si un jour, je pouvais danser pour lui …» Et puis un jour, 11 ans après…

 

L’histoire

 

On est en 2016. Je sors du stage d’un des rendez-vous parisiens. Je connais Adrien Ouaki et quelques autres personnes… Le petit groupe du stage se retrouve en général après pour un petit café, histoire de discuter, se donner des nouvelles, échanger sur le stage etc..

 

Quand je demande à Adrien ce qu’il fait en ce moment voici ce qu’il me répond :

« Je pars dans quelques jours faire une audition à l’Opéra d’Amsterdam, pour un chorégraphe israélien.. Itzik Galili… Tu connais ? 

 Ce qui s’est passé dans ma tête:

Si je CONNAIS ? Non mais c’est un des chorégraphes, pour qui j’ai toujours voulu danser, j’ai usé youtube, à force de regarder ses chorégraphies, c’est ouf ce qu’il t’arrive t’as trop de chance, je suis un peu jalouse je crois…

Mais je me suis contentée de lui dire :

-Oui, je connais, j’ai vu sa compagnie danser quand j’étais encore à Biarritz pendant le festival du Temps d’aimer. J’aime beaucoup son travail.  

– Si tu veux, je te donne le mail pour t’inscrire à l’audition, il cherche aussi des filles pour le projet. »

 

Manquant d’avaler mon (coca) thé détox de travers, j’accepte évidemment sa proposition et dès mon retour à la maison, j’envoie donc mon CV, photos, in english, please.

Quelques jours plus tard, l’Opéra d’Amsterdam me confirme mon heure de passage à l’audition… Okay, donc la voilà, on y est. Si je veux danser pour Itzik : c’est à cette audition que ça se joue.

 

Le projet 

 

L’audition est pour la production de l’Opéra le « Prince Igor », déjà créé au Metropolitan Opéra de New York, et repris à l’Opéra National d’Amsterdam.

Le chorégraphe est donc Itzik Galili. C’est un contrat de deux mois (répétitions et spectacles compris) Tout çà, à l’Opéra National d’Amsterdam.

 

L’audition

Warm up+ selfie d’avant audition.

Cette audition n’est donc pas comme les autres…

Nous sommes plus de 80 filles à nous présenter aujourd’hui, pour 20 places (ce qui est énorme car en général, c’est plutôt 100 filles pour 2 ou 3 places. Les statistiques sont donc très bonnes aujourd’hui !!! )

Il y a 2 « tours ».

Nous sommes divisées en 3 groupes. Un premier « cut » (entendez, sélection ou élimination) après chaque groupe, puis toutes les filles sélectionnées se retrouvent au deuxième tour, en fin de journée. Il y aura un deuxième cut, et les dernières filles sélectionnées iront au 3ème tour, demain, avec les garçons sélectionnés de la veille.

En face de nous : Itzik Galili, bien sûr, et Elisabeth Gibiat son assistante. C’est eux qui vont décider de qui reste ou non…

Au premier tour,

Nous nous présentons une par une devant eux « My name is… I come from…. » . Et , oui, en anglais !

Là, Itzik me demande « I know your face do I… ? »

Dans ma tête, j’avais envie de lui dire : « Ok, alors, j’ai fais un stage il y a 3 ans de cela avec une de vos danseuses, vous étiez venu le dernier jour nous donner des conseils (et aviez « flashé » sur une de mes amies,enfin,  passons l’anecdote.)… vous avez donc une si bonne mémoire que ca ???

Mais je me suis contentée de cette réponse brève : « Yes ».

Puis, une par une, il nous demande :  dites-nous un mensonge court. J’ai sorti le mensonge le plus pourri de la terre : « my Father is Beyoncé » . Fantastique.

Nous devons ensuite faire une « Traversée » (aller d’un bout à l’autre de la salle) en improvisation, toujours une par une, sur le thème : fluidité, rapidité et « High legs ». (jambes levées).

Puis c’est l’apprentissage de la chorégraphie. Toute cette étape se passe en une heure. Le premier cut a sonné pour notre groupe… Et nous sommes, 7 ou 8 à passer le 2eme tour.

Le deuxième tour,

40 filles encore en course. Nous refaisons une traversée d’improvisation, sur le même thème : rapidité, fluidité « High legs » sauf qu’il faut maintenant lever la jambe qu’on aime le moins levé, et être encore +rapide…

Puis nous sommes regroupées par deux.

La consigne : une fille danse la chorégraphie apprise au premier tour, la deuxième fille compose une chorégraphie autour de celle-ci. Au final, il faut que cela ressemble à un duo, comme ci les deux chorégraphies avaient été créées au même moment…

Je tombe sur une fille super, Sara, une espagnole. Nous composons rapidement, le feeling passe tout de suite.

Chaque duo passe seule.

Fin du 2nd tour.

Sara et moi sommes sélectionnées ! Nous sommes donc 30 à rester pour le 3eme tour.

Ma petite victoire, jour 2

Me voilà donc ,  au troisième tour du casting,  pour ce projet qui m’intéresse beaucoup…

avant l’audition… Oui, j’accorde mes chaussettes à mon t-shirt.

Aujourd’hui, hommes et femmes sont réunis pour ce troisième tour. Il y a deux groupes de passages.  Je suis dans le deuxième groupe.

Comme hier, l’échauffement est personnel et comme hier j’ai décidé de faire :

–          Un enchainement de yoga (20 min),

–           gainage + pompes ( 5mn),

–           barre classique (15mn),

–           puis quelques exercices basiques (relâché buste,  exercices au sol, pliés larges en parallèle : 10mn) ».

Adrien a passé la sélection aussi, ainsi qu’une de ses amies Rebecca : les 3 « Frenchy’s » en force !  Nous sommes dans le même groupe de passage.

Pression et parole de chorégraphe.

Pour ce 3ème tour, nous apprenons une phrase chorégraphique. Un peu plus « complexe » qu’hier, la chorégraphie se base sur le déséquilibre. Itzik  regarde les danseurs travailler… Il passe dans le studio, puis s’arrête à ma hauteur.

Petit coup de pression !.

Il me demande de lui montrer la chorégraphie .  Je m’exécute… mais ne suis pas satisfaite de moi. Une fois terminée, je lui dis.

« Je ne comprends pas ce qu’il me manque mais « la phrase n’est pas vraiment  dans mon corps »…»

Voici sa réponse :

« Patience. You need Patience… You know, we keep attention alo about the way you work, not only the results »

(Tu sais, on regarde aussi la façon dont vous travaillez, pas forcement juste le résultat).

Itzik Galili

 

C’est vrai çà… Parfois, avec le stress, on oublie que, être  danseur, outre le fait de bien danser, c’est aussi bien travailler. Et lorsque les chorégraphes te demandent de composer créer, improviser, cela veut dire qu’ils testent aussi ta manière de travailler et ta façon d’apprendre, d’intégrer la « matière » chorégraphique proposée…

Ces paroles me permettent de descendre mon stress et j’arrive à mieux danser. Depuis que j’ai lu le livre champion dans la tête ( dont je vous ai parlé ici), jje remarque qaund même, que j’ai plus de facilités à me remettre dans le moment et… C’est un vrai atout !

Rewind

Une fois la phrase apprise, la demande est de « rembobiner »,  c’est à dire de refaire la chorégraphie comme si on regardait une vidéo en « rewind » (les fans des story instagram, si vous me lisez !) …

Bizarrement, je suis plus à l’aise dans la phrase « rembobinage », que dans la vraie phrase….  Comme nous devons chercher seuls « cette chorégraphie rewind », je suis sans doute moins fixée sur les pas de danse en eux-mêmes, mais plutôt sur mes sensations…Nous passons finalement tous un par un : la chorégraphie « originale » enchainée de la chorégraphie « rembobinée ».

Alors que nous avons tous appris la même chorégraphie et avons eu la même consigne au départ, je suis toujours fan de voir des interprétations différentes que chaque danseur peut avoir, en fonction de sa technique, de son parcours artistique… c’est toujours surprenant et follement interessant ! Viens mon tour… je me concentre sur mes appuis au sol et à danser le mouvement comme je le sens. Rester sincère ; c est ce qui est parfois difficile en conditions auditions , mais malgré la grande envie de participer à ce projet, je suis en phase la maintenant.

Bilan

Je suis satisfaite de mon audition. J’ai été présente comme j’en avais envie. J’ai pu présenter ma danse et ma manière de travailler sans être influencer par le stress, ou les autres. Même au moment où j’ai été moins à l’aise, grâce aux mots d’Itzik peut être, et en revenant à la base (Juste ma danse, et les consignes du chorégraphe), j’ai réussi à reprendre mon calme et donc à danser comme je sais le faire.  Un petit pas pour l’homme, un Grand pas pour Hilda… , surtout que vous savez a quel point j’ai envie de travailler pour ce chorégraphe !

Il faut maintenant attendre le résultat…

Fin de mes deux jours à Amsterdam.

Trois jours après, j’apprends par téléphone que je fais partie des 17 filles du projet :  (JOIE, JOIE, JOIE et RE-JOIE). Je suis d’autant plus contente qu’Adrien et Rebecca (les deux frenchies !) sont aussi pris sur le contrat… Ainsi que ma partenaire d’audition Sara !

Ma chère Hilda,  début 2017, tu travailleras une chorégraphie d’Itzik Galili…  Cette petitie victoire, elle est belle… Et quand vous saurez la suite…

Keep going philosophy dancers !

Des bisous.

Hilda.

Footer