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Les derniers moments de répétitions arrivent, sous l’œil de Itzik Galili, qui nous rejoint pour ces ultimes instants de travail : la scène arrive à grand pas. La vraie difficulté sur ce contrat, c’est de réaliser la chorégraphie dans notre décor poppy-field ! Du nettoyage, des réglages et des rebondissements : voici le dernier épisode de mon contrat à Amsterdam.

 

Passons donc aux choses sérieuses. « Le nettoyage », c’est le travail le plus long dans notre métier. Tellement indispensable, le nettoyage consiste à préciser tous les détails de bras, jambe, d’énergie, de regard, de déplacement, d’intentions, et de répéter jusqu’à ce que tout soit parfait, et que nous soyons tous en accord.

 

Travail de Titan

 

Dans cette chorégraphie, c’est un travail de titan de savoir qui fait quoi, à quel moment , et où il va, où il est… On est une vingtaine à danser en même temps avec des entrées, sorties et chemins différents pour tous… Rajoutez à çà la contrainte du décor… Et cela vous donne un vrai casse-tête chinois.

Ce que nous devons faire… en dansant. 

Je suis très admirative du travail d’Elisabeth, l’assistante chorégraphe d’Itzik, qui est avec nous depuis le début des répétitions. Itzik Galili, vient de nous rejoindre en studio. Grâce au travail d’Elisabeth, il est dans les meilleures conditions de travail possibles pour  régler les derniers détails de sa chorégraphie avec nous.

 

Le décor

 

Pente, petits chemins, contraintes de ramper en sortie de scène pour ne pas qu’on soit à « vue du public ».  Franchement, c’est dommage que je ne pose pas ma caméra dans les coulisses pour que vous voyez le traffic derrière la scène ! Un autre spectacle.

 

Apres quelques sessions de répétitions, nous commençons donc à nous familiariser avec le décor. Il est temps de répéter avec le chanteur. Oui, car lui aussi est dans ce décor en même temps que nous dansons : sinon ce n’est pas drôle.

 

 

Dress rehearsals

 

Nous arrivons aux premiers « faux » vrais spectacles: c’est à dire que le spectacle se fait en conditions réelles : mais sans public…

Imaginez: notre partie chorégraphique fait 15 mn, et l’opéra dure 3h30.  Ces “fausses” vraies répétitions, permettent à toutes les équipes, techniques et artistiques, de se rendre compte du temps, des difficultés et  de l’évolution du spectacle… Les décors sont grandioses, il y a énormément de personnes sur scène… Et derrière la scène. Evidemment que ces répétitions sont indispensables!

 

La musique.

 

Nous dansons donc pour la première fois avec tout l’orchestre et le chœur ! C’est magnifique ! Jusque là, nous répétions sur bande musicale. Mais je vous le dis: la musique en direct, ça change toute la donne. Le son est si diffèrent et le rythme aussi parfois !  C’est grandiose pour moi de faire partie de ce spectacle.

 

 

Rampez !

 

Le metteur en scène qui n’est autre que Dimitri Tcherniakov, un grand nom dans la mise en scène d’opéra, insiste auprès d’Itzik :  il ne veut absolument rien voir ni danseur, ni ombre de danseur sur le cyclo: le fond de scène où est projeté de la lumière.  On doit donc vraiment être à plat ventre pour se déplacer hors de scène, au milieu de la chorégraphie, le plus rapidement possible, pour remonter comme si de rien était dans le décor. Et continuer notre histoire sur scène. Oui, c’est pas facile au début, mais on arrive à trouver nos chemins!

on y est presque.

La première.

 

Ca y est c’est le moment !

 

J’adore cette atmosphère de première. L’électricité dans l’air, les « toï toï » que l’on offre à ses partenaires, c’est à dire des petits cadeaux ou friandises pour se souhaiter bonne chance !… Ce petit trac, cette petite excitation avant de faire son premier step sur la Scène.

selfie d’avant première

La préparation, l’échauffement, le costume que l’on enfile, la perruque que l’on fixe…On révise peut être une dernière fois la chorégraphie…. Puis vient l’appel pour se placer en coulisses.

Nous montons. Ensemble. L’opéra est déjà en train de jouer. On se place.

Et puis en un instant on se retrouve sur scène : ça va tellement vite ! Des semaines de travail pour une dizaine de minutes par soir !

On est là ensemble, et on danse. Le plus gros du travail est maintenant derrière nous. Maintenant, on fait partie d’une histoire.

 

La scène.

 

La scène, c’est pour moi magique. Ma maitresse de ballet, Claude Aggrafeil, du Ballet du Rhin, comparait la scène à un « temple, un lieu sacré qu’il faut respecter ».  Je suis tellement d’accord avec elle.

 

Lorsque je danse sur scène, tout est diffèrent : le temps, les échanges et les regards avec les autres deviennent tellement intenses. Danser sur scène me procure des sensations que je ne retrouve nul part ailleurs : c’est mon chez moi, mon endroit de paix, la où je peux être totalement moi même…

 

Partager ces sensations avec le public, mes collègues, et servir une histoire, un point de vue, avec ma sensibilité et le plaisir de danser : c’est comment dire, fantastique !

 

 

Après la première, Elisabeth et Itzik s’en vont.

 

une partie de l’équipe au pot de première avec Itzik.

 

Nous devenons donc responsables de la chorégraphie pour les six prochains spectacles de la série. Nino, un des danseurs, est notre capitaine, c’est à dire que si un problème arrive, c’est lui qui prend une décision, et nous fait répéter. Et justement…

 

Rebondissement.

 

Les aléas du métier font que mon partenaire de duo, est « out » pendant 4 shows ! Il s’est blessé !

Avec Joseph, nous avons créé un lien particulier et je suis triste de ne pas pouvoir faire tous les shows avec lui. Mais le travail veut qu’on s’adapte très vite. D’où l’importance d’avoir des danseurs remplaçants ou cover, ou deuxième cast dans une équipe!

C’est donc avec l’un des danseurs « remplaçant » que je vais danser maintenant ! On doit vite apprendre et trouver comment danser ensemble. Nouvelle dynamique et nouveaux défis !

 

Profiter.

 

Maintenant que nous sommes dans « la série » des spectacles : nous avons plus de temps pour profiter d’Amsterdam entre deux shows… Et avoir accès au studio de l’Opéra, pour danser, juste pour le fun, avec mes collègues ! On se donne des cours, on improvise..

Avec l’un des danseurs Klevis, on a même commencé à créer un petit duo (un jour bientôt en ligne).

 

L’équipe partage des moments de scène ensemble, on danse beaucoup, on profite de la ville… Est ce que je vous étonne si je vous dis que ce moment là passe tres vite ?

 

Et puis… en un clin d’œil ! C’est déjà l’heure de la dernière !!!

 

La dernière et le départ.

 

Je retrouve mon partenaire du début: trop heureuse de vivre cette dernière avec lui!

Joseph et moi, à la dernière (oui c’est une perruque)

 

Je vous le disais la première a une ambiance particulière… Mais alors que dire de la dernière? C’est le moment où l’on dit au revoir et au spectacle, et aux gens avec qui on vit ce spectacle.  Les liens se tissent rapidement dans ce genre d’experience, parce que très vite, on partage des moments privilégiés ensemble… Et puis d’un coup : c’est la dernière. En général, on fait en sorte de fêter çà dignement.  Et une fois n’est pas coutume: nous avons clôturé par une jolie fête cette aventure !

Prins Igor DancersTeam <3

 

Le départ et le bilan

 

Et lorsque vient le moment de partir, une petite nostalgie s’installe : c’est ce qu’on appelle le coups de blues d’après contrat.

Chaque expérience, chaque scène, chaque équipe dont tu fais partie, te donne une nouvelle inspiration, un petit quelque chose qui te fait avancer, une ouverture d’esprit, une nouvelle dynamique: et puis d’un coup, plus rien. C’est l’énergie du groupe qui manque, l’énergie du spectacle et des moments partagés ensemble.

 

Six seven eight One team

(ce paragraphe sera en anglais, pour que tous mes collègues d’Amsterdam puissent comprendre!)

 

Guys : I would like to thank you all for this amazing contrat I lived with you. It was a pleasure to meet and work with all of you. Special thoughs to my wonderful partner Joseph <3

 

How can I say how much I Wish to see you soon in Amsterdam or Paris or… Anywhere else?  ” 6, 7 , 8, 1″ will be stuck in my head for ever!  I hope you are all doing great.

La fin

C’est ainsi que je clotûre mon chapitre d’Amsterdam. Ça a été un contrat très intense pour moi tant professionnellement que personnellement. D’abord en réalisant un rêve d’ado : danser une chorégraphie d’Itzik.  Et puis, j’ai tant de sourires, de danse, et de bons moments en tête. Je sais que ce contrat, et les personnes que j’ai rencontré, m’ont fait grandir.

Vivre ce genre d’expérience : c ‘est fantastique !

 

Alors même si la nostalgie vient, j’essaie de toujours me dire:

 

les adieux n’existent pas en danse, seulement les au revoir !

 

Car notre monde de danseurs n’est pas si grand que ça : nos chemins finissent toujours par se recroiser…

 

Bisous biches.

 

Hilda.

 

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