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A travers mon contrat à l’Opera National d’Amsterdam, j’ai décidé de vous faire découvrir les coulisses de mon métier. Voici donc l’épisode 02: l’esprit d’équipe!

C’est la deuxième semaine de travail et le plus gros reste à faire ! Maintenant qu’on connaît pratiquement tous les steps de la chorégraphie, il faut câler toutes les entrées sorties, les « canons » (la même chorégraphie exécutée avec un délai de temps), les chemins de chacun…

Là, je me rends compte, à quel point un danseur doit aussi savoir travailler en équipe.

En tant que danseur freelance, pour rester concentré, progresser dans notre technique, développer notre propre sens artistique, ou pour passer une audition etc… On est souvent seul face à soi-même.

MAIS, lorsqu’on est en contrat : on fait partie d’une équipe, on sert tous le même projet, la même idée.

Travailler ensemble, s’adapter et se connecter avec le groupe est indispensable !

Etre à l’écoute, attentif, précis sur les demandes et attentes du chorégraphe/assistant(e). Surtout lorsque la chorégraphie implique autant de personnes comme ici sur « Le prince Igor », autant de déplacements qui s’entrecroisent, de limitation du décor…

Un aperçu du décor

Si tu ne penses qu’à toi, tu mets l’équipe en porte à faux/ voire en danger. Et le but, c’est de servir le projet. Donc l’équipe. Donc toi.

C’est ça, aussi être un (bon) danseur : c’est savoir écouter, réfléchir, comprendre la place que l’on a dans une équipe, dans une chorégraphie, et mettre tout son talent au service du projet.

La force d’un groupe.

Ici, la chorégraphie ne s’arrête pas, il n’y à pas de solo, on sert l’histoire d’un personnage dans un Opéra. La force c’est le groupe. Et nous sommes tous dépendants les uns des autres :  si un seul d’entre nous est en retard, ou n’est pas exactement à son « spot » (sa place dans l’espace), cela a des conséquences directes sur le groupe, la chorégraphie…

C’est aussi ce que j’aime dans mon métier : être avec les autres. Mes collègues. Echanger et être à l’écoute, servir un projet en équipe. Et je sais que lorsqu’un groupe travaille bien ensemble : Cela se sent sur scène (et en coulisses, démo par les frenchies du contrat ci-dessous: de G. a D. Rebecca, Adrien et Moi).

https://www.instagram.com/p/BO4cV-LA3Al/?taken-by=whyhildadance

                  Ces deux premières semaines de répétitions, me permettent d’apprendre à connaître les autres danseurs, et notamment mon partenaire de duo : Joseph. Le courant passe super bien entre nous, et c’est juste fantastique !

Danser en duo.

Le « partnering » c’est aussi un gros travail! Il faut bosser ensemble, trouver les solutions ensemble ( par exemple, quand un « porté » ne fonctionne pas comme on voudrait). C’est juste ultra important que chacun soit à l’écoute de l’autre pour que le duo fonctionne : comme dans un couple en fait ! Quand l’une des deux personnes veut prendre le dessus, ou remet la faute sur l’autre parce qu’il y à un truc qui ne fonctionne pas,  ça a des conséquences directes sur la danse.  Et sur l’ambiance de travail entre les deux personnes.

Chamailleries.

Je n’aime pas  entendre, lorsque quelque chose ne fonctionne pas dans un duo (en danse!) les phrases du genre : « il est trop petit, il ne sait pas porter » ou « elle ne sait pas sauter, elle est trop « grande pour moi » (entendez : lourde, ou grosse en général !) »

Oui parfois, ça ne marche pas parce qu’il y a un problème de rapport de taille ou de poids mais j’ai pu remarqué que souvent, ce genre de reflexion  fait perdre du temps plus qu’autre chose au duo.

Quand ça ne marche pas c’est vraiment frustrant, autant pour le danseur que pour la danseuse.  On se remet vite en question.

L’énergie est souvent meilleure à mettre dans l’écoute de l’autre et le dialogue plutôt que de chercher qui est responsable de la mauvaise exécution de la chorégraphie.

Trouver des solutions.

Quand je danse en duo, la responsabilité pour moi elle est de 50/50. Comme vous le savez, mon corps n’est pas forcément un “corps type” de danseuse. J’ai parfois vécu la bonne ambiance dans ma tête, quand on te scrute de haut en bas et que tu comprends qu’on te trouve trop « grande » (cf definition au dessus haha).

Alors pour le travail en duo, ma taille, mes muscles, je les transforme en force.

Je fais en sorte de faire le plus gros du travail (sauter plus haut, me gainer plus…), pour que celui avec qui je danse ait le moins d’efforts à faire.

Je ne me laisse pas juste «  porter » : je danse et travaille avec l’autre.

Le travail de duo, c’est aussi une technique !

Quand mon partenaire me dit : « t’es facile à porter ! » :  ça veut dire que je fais bien mon taf. La taille le poids ne veulent pas dire grand chose:  parfois tout correspond (rapport taille/poids avec ton/ta partenaire) mais rien ne fonctionne. Et la c’est vraiment (chiant) compliqué ! Il faut beaucoup de patience et de professionnalisme pour que les deux personnes réussissent à danser ensemble. C’est pour ça que danser en duo: ça s’apprend. C’est une vraie technique, surtout lorsque parfois le feeling ne passe pas, tu as intérêt à connaitre ton travail!

Coup de foudre.

Là avec Joseph, tout se passe très bien ! On fait la même taille environ. Et On est très à l’écoute l’un de l’autre. Quand Elisabeth demande de créer un petit bout de duo, on se comprend facilement, chacun donne des idées, on compose sans difficulté…

Même qu’un bout de notre duo a été rajouté à la chorégraphie ! (et finalement tout le monde le danse sauf nous car c’est à un moment où on est en coulisses tous les deux !). Heureusement qu’on l’a filmé juste pour nous, pour en garder un souvenir…

https://www.instagram.com/p/BO9oc3Fgg0C/?taken-by=whyhildadance

Il reste 3 semaines de répétitions et on a bien avancé… Mais les surprises vont commencer…

 

La suite à l’épisode 03.

 

Des Biche Bisous

Hilda.

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