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La confiance c’est bien, mais bien lire et négocier mes contrats dans les moindres détails, c’est mieux… En dehors du projet artistique, et de l’équipe superbe que nous avons… Mauvaise surprise en cette 3ème semaine de répétitions.

 

Flashback.

Lorsque nous sommes venus passer l’audition au mois de juin, nous avons eu comme consigne : « Nous avons besoin de votre totale disponibilité pendant les cinq semaines de répétition. »

Full time availability pendant cinq semaines, 6jours sur 7 de travail. Quand je signe le contrat donc, j’accepte d’être exclusive a l’Opéra pendant ces 5 semaines de répétitions.

Payés au service, en temps (et argent) full time veut dire 2 services de 3h par jour, 6 jour sur 7.

Peu de temps avant d’arriver à Amsterdam, je reçois comme tous les autres danseurs, le planning des trois premières semaines… Jusqu’ici tout va bien. C’est exactement ce qu’on m’a dit. Sauf que…

SURPRISE

Dans les règles de l’Opéra (House rules, que l’on nous a envoyé en néerlandais…) il est apparemment dit que la « maison » peut annuler les répétitions comme elle le souhaite sans préavis ou délai de temps minimum… Est ce que vous me voyez venir ?

photo: Adrien Ouaki

Accepter un contrat.

Quand je prends la décision d’accepter ce contrat, c’est parce que :

  1. le projet artistique m’intéresse.
  2. La rémunération est intéressante par rapport au planning que l’on m’a annoncé lors de l’audition, je peux prévoir de payer (en plus du loyer de Paris) aussi le loyer/les transports et subvenir à mes besoins à Amsterdam etc.. .

Dans les faits…

Déjà la semaine dernière, il y a eu quelques services de répet en moins, prévenus la veille pour le lendemain. Mais cette troisième semaine, c’est pire.

Service en moins= rémunération en moins

Bien sûr, puisque les “House rules” de l’opéra ne stipulent aucune règle concernant l’annulation des répétitions…  La maison a totale liberté sur le planning.

Mécontentement.

L’équipe de danseurs au complet a exprimé son mécontentement face à ce fonctionnement (donner un planning,  puis se retrouver sur le fait accompli avec moins de travail que l’on avait prévu) …

Surtout que,  l’opéra  nous a demandé d’être entièrement disponible pendant les répétitions. Nous danseurs, ( bêtes et disciplinés ) avons bloqué donc la possibilité d’autre projets. Certains ont refusé des contrats car des dates tombaient pendant les répétitions. Et finalement, aujourd’hui, ils se retrouvent avec cette journée de libre car : changement de planning.

Voilà aussi ce qu’est aussi le métier de danseur freelance :  gérer l’emploi du temps et les contrats !

photo: Adrien Ouaki

Gérer l’administratif

En tant que danseurs freelance, nous sommes nos propres agents artistiques. C’est top parce qu’on a une grande liberté. Mais l’effet kiss cool, c’est que parfois, ça fait beaucoup de choses à penser en même temps. La danse bien sur, ( travailler sa technique rester en forme, toujours être créatif,curieux), mais aussi le coté administratif un peu relou mais indispensable car c’est un TRAVAIL, et il faut savoir gérer ce côté aussi du métier !

Je suis très heureuse de faire ce projet,  danser une chorégraphie d’Itzik Galili (avec qui j’ai toujours voulu travailler, ) et de vivre à Amterdam pendant deux mois.

Mais je remarque encore une fois, qu’en tant que danseuse freelance, je dois toujours demander à mes employeurs plus de clarté et de communication, ne rien laisser en suspens, et de m’assurer de chaque point du contrat. Pas parce que (j’ai envie de faire c*** mon monde) je suis râleuse ou juste intéressée par l’argent (lorsqu’on s’engage dans ce métier, on est bien au courant que le salaire ne sera pas la première motivation!)

Mais parce que je suis danseuse professionnelle . Et tout travail mérite salaire.

Un travail.

Oui, J’aime danser, et je suis ravie de travailler à travers cette passion vocation. Mais je crois que parfois, on se fait avoir à cause de çà.

Depuis l’école on a cette pette musique en tête :

« Tu auras de la chance si tu en fais ton métier » Sous entendu : faudra pas être trop exigeant quoi.

Mais c’est un travail.

Donc, lorsque un employeur engage des danseurs « professionnels », ceux-ci méritent d’être traité avec professionnalisme.

Et nous, danseurs, nous devons aussi nous comporter en tant que professionnels. Et ne rien laisser au hasard.

photo: Adrien Ouaki

Une leçon

Par exemple, ici, je n’aurai pas dû me laisser emporter par l’envie de bosser avec Itzik, et me dire : « Oh, et puis en plus, c’est une grande maison l’Opéra National d’Amsterdam ils ont l’habitude de travailler avec de danseurs, je peux me laisser guider ! »,

mais plutôt :

« Je dois leur demander les règles de l’Opéra en Anglais. Comme ça, je peux demander d’éclaircir des points sur les conditions du contrat » Ainsi, je n’aurai pas été surprise, lorsqu’on annule une répétition du jour au lendemain.

Et le c’est « comme ça et tu ne seras pas payé le service promis » aurait été claire.

 Les suppositions et sous entendus n’ont pas leur place dans le travail : plus on est précis et connaît les détails, mieux on peut s’investir dans notre danse par la suite !

Partir travailler en Europe et danser à l’Opéra national d’Amsterdam est une magnifique expérience pour moi à vivre… Mais je vais gagner moins d’argent que prévu ( voir travailler à perte… parce que je dois débourser aussi de ma poche la somme du loyer à Amsterdam, les transports sur place qui ne sont pas remboursés, etc…)

Les promesses c’est beau, mais les conditions écrites sur un contrat c’est mieux.

 

Aie confiance… ou pas.

Il est vrai que ce coup-ci, nous n’avons pas été très attentifs. A notre décharge, l’Opéra d’Amsterdam étant une des plus grandes maisons d’Opéra du monde, on a peut être cru que si ils nous disaient telle chose c’est que telle chose va se produire… Oups, erreur.

 

Specialité française

En plus, nous les frenchies,  avons eu un double problème:  en France,  en tant que danseurs, nous sommes en général intermittents du spectacle.  Nous avons des règles à respecter pour être intermittent, (comme faire un minimum d’heures de travail en un temps donné). Je ne vais pas trop m’attarder sur le sujet, car il faudrait plusieurs articles pour tout bien expliquer.

Le contrat s’effectuant en Europe, nous pensions pouvoir faire valider nos heures de travail en France (possible mais soumis à certaines règles, qu’il faut absolument que je vous détaille un jour parce que c’est une galère ça aussi! ). Mais, nous nous sommes faits aussi avoir la-dessus,  à cause du statut de notre contrat, et nous nous en sommes rendus compte trop tard pour pouvoir changer la donne…

Note à moi-même: ne  jamais rien laisser au hasard et tout écrire noir sur blanc.

 

Malgré ces mésaventures administratives, la vie en répétitions se passe bien, et nous sommes bientôt prêts. Heureusement, car le patron Itzik arrive bientôt. Et nous allons répéter dans le vrai décor…

Il va être funky l’épisode 4…

Des bisous biches,

 

Hilda.

 

 

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