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Le déconfinement d’une danseuse… Et après? Vous le savez, cette crise est sans précédent dans notre société. Pour nos métiers, la scène, les répétitions ne vont pas reprendre de si tôt. Respecter les distanciations sociales et le télé-travail dans la danse… C’est compliqué.  Du coup le déconfinement, pour nous n’est pas synonyme de reprise d’activité.  J’ai donc eu envie de partager ce qui se passe dans ma tête, artistiquement et personnellement, poser des idées, et voir où ça peut nous amener…

D’abord, j’ai partagé

Dès l’annonce du confinement, je me suis lancée dans le partage d’un training régulier en live sur mon compte instagram. D’abord pour moi, parce que j’ai besoin d’objectifs et de rendez-vous pour avancer. Je sentais le fiasco du manque de repères, des décalages horaires de sommeil… Proposer un rendez-vous en matinée m’a paru censé et si cette motiv’ peut servir à d’autres, bingo. Ouais, j’ai dis bingo, le ringu’ is the new chic. Pleins de directs se sont mis en place, des super, des moins super. Enfin bon, en vrai comme dans la vie en général. Chacun trouve chaussure à son pied. 

Ces lives ont créé de vrais polémiques au sein de nos communautés.  Des très pour, des très contre, des mitigés, des critiques, qui reviennent sur leurs avis, des problèmes d’éthique, des partages de générosité. En vrai, encore, comme dans la vie, chacun voit midi à sa porte, enfin là plutôt, 12h  à son écran. 

Moi mon midi, il est que j’ai aimé partager. Ça m’a motivé, ça m’a sorti de ma zone de confort. Parfois, j’avais moins envie, je vais pas vous le cacher. Quand J’ai eu besoin de me recentrer, j’en ai proposé moins mais peut être mieux. Mais c’est resté: 10 h le live ou training. Point. 

J’ai changé ma pensée.

Par exemple, sur les questions de paiement des lives, ça m’a d’abord interpelé. Comment demander de l’argent alors que les soignants ont pas de masques, et que c’est la panique un peu partout? On remet dans le contexte, on est au début du confinement et c’est franchement la folie.

Puis, des initiatives ont commencé à se monter pour faire des dons, ça j’ai kiffé!

Et puis le confinement s’est rallongé. Des liens vers des paiements personnels se sont mis en place, et des cours plus privés se sont montés, avec soit des montants libres soit fixes…  Et ben, finalement, pourquoi pas? 

ATTENTION, ALERTE, CONTEXTE, ENCORE, S’IL VOUS PLAIT! 

Je vois déjà les attaques de missiles arrivés. Mais voila ma pensée: en ces temps où on peut pas se retrouver en studio, se retrouver virtuellement, partager de son temps pour faire avancer comme on peut. Ça peut se rémunérer. De mon côté, ce que je proposais pour moi, était un training ouvert, pas un enseignement. C’est donc non pour moi de me faire payer sur ce cas-là, à ce moment-là. 

Mais a partir du moment où tu construis une vraie classe, et que tu peux voir les élèves? On est tous d’accord, je pense: rien ne peut remplacer les “vrais” cours, entrainement, présents ensemble physiquement avec l’enseignant. La danse est un art vivant, et il se vit aussi en communauté.  Mais tout ça, c’est une nouvelle possibilité de s’adapter? Tout dépend de comment, qui quoi, et à QUEL PRIX.

On vient de voir naître un vrai truc et  ça mérite qu’on ouvre de vrais débats et discussions pour parler de ça sainement.

Je rêve d’un monde où sans s’énerver, sans s’arracher, se moquer, ou se ridiculiser les uns et les autres, on échangerait nos points de vues différents pour progresser et faire avancer la société. 

Honnêtement, je crois réellement en un monde meilleur. Et  l’art, m’y semble nécessaire, sinon indispensable pour apporter beauté, réflexion et remises en questions. 

En tout cas, ce qui est sûr; c’est que nos métiers vont subir des mutations. Et j’ai décidé de trouver ça stylé. 

J’ai adoré

Voir le bouillonnement de créativité qui se développait. De l’humour à des causes nobles, du partage et de la solidarité, l’art s’est montré partout! Ce qui moi, me donne beaucoup de bonheur. 

Dans mes coups de coeur:

  • Cette vidéo qui me fait toujours autant marrer.

My dearest friend James Gray sent me this and I have been laughing my ass off literally tears. If you’re a dancer 🕺🏼 you’ll understand what I mean enjoy today’s pandemic laugh!!!

Publiée par Rob Sapienza sur Mercredi 25 mars 2020

  • Le marathon dansée, en live de Emka dance Project, la compagnie de Mehdi Kerkouche, réunissant tout un tas de danseurs et chorégraphes talentueux afin de récolter des fonds pour la fondation Hôpitaux de paris. <3

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Samedi, 70 danseurs et chorégraphes se sont réunis sur @emkadanceproject 
Pendant près de 15h se sont enchaînés des performances, des cours et des talks qui ont permis de réunir plus de 15 000€ pour @fondationhopitaux 🔥💜 MERCI à tous d’avoir dansé dans vos salons, chambres, cuisines, caves, jardins… et d’avoir répondu présent pour le personnel soignant et pour les artistes 🙏🏻 MERCI X3000 AUX ARTISTES qui se sont UNIS et montrés TOUT leur talent 💥💥💥🔥🔥🔥
Pendant quelques heures des milliers de personne ont oublié que ne savons pas quand nous nous retrouverons de nouveau car on était ensemble et c’était fou 🙌🏻🙌🏻🙌🏻🙌🏻 Merci @juchapero pour son aide précieuse, @stefan_sn pour les affiches, @rose_dacunha, @achalison, @lax_studio pour leur soutien et tout ceux qui m’ont offert leur temps pour mettre en place ce projet fou en quelques jours. Cette journée sera gravée dans mon coeur pour très longtemps…
Faut refaire ça un jour non?! #ondansechezvous #reinventionisthekey #ladansecestlavie #jevaisêtretellementfulloutdèsquonvamelaissertravaillervousnavezpasidée #emka

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Plein d’autres initiatives ont vu le jour, évidemment, n’hésitez pas à les partager en commentaires à la fin de cet article, pour qu’on fasse tourner 😉

 

J’ai encaissé

Au bout de 3 semaines, mon morale s’est transformé en grand 8. Un jour motivée, et l’autre envie de pas bouger un seul doigt de pied. Le plus dur, ca a été de ne pas pouvoir se projeter. La résidence de First Last a dû être repoussé, pas de possibilité de voir quand je vais pouvoir vraiment re-bosser. Du coup, la créativité, à 0. 

Je suis une hyper-active mentale. Et ça a été dur pour moi de me poser et d’accepter que non, là je ne pouvais pas avancer comme je voulais. Mes proches m’ont épaulé, j’ai pu en discuter à coeur ouvert, et ça m’a fait du bien. J’ai finalement  compris que j’avais un rythme de croisière à adopter, en fonction du mood du jour. Les to-do list acharnées se sont atténués, et ma créativité s’en est senti… plus libérée! 

Je me suis écoutée

En prenant le temps, je me suis finalement rapprocher de mes envies. Par exemple, j’aime prendre en photo les couchers de soleil, et j’ai commencé à les partager. Partager des pensées à travers une photo: ok je rajoute une petite phrase…

Moins d’activité, moins le moral: j’ai d’abord laché du lest. Par exemple, en mangeant des bons petits plats sans faire trop attention, profiter de la Life. Les plaisirs gourmands, j’adore les garder en mémoire mais, vas-y qu’ensuite  “mon corps, mon amour”, en a pris un coup!

Du coup, j’ai changé mon rhytme et me suis fais du bien en me faisant un programme de sport intense, et en faisant attention à ce que je mangeais. j’ai donc eu l’effet: Transpirer et manger mieux m’a fait re-kiffer mon body, et m’a fait du bien au moral aussi. 

Puis, je me suis accordée ce petit moment de danse avec le ciel. J’ai adoré travailler cette vidéo, la créer, la monter, l’éditer, poser ma voix, traduire le texte. J’ai galère pour intégrer les sous-titres et me suis finalement fais aider par une personne adorable qui a fait ça en un temps record.

Et maintenant? Et après? 

Ce premier bilan instantané me fait arriver donc à la conclusion du: et après? L’avenir est tellement incertain pour nos métiers. Ca fait peur, et en même temps on a tout à inventer. De mon côté, j’ai du pain sur la planche avec ma création First Last, la série dansée.

Ca me remplit de joie, et aussi de doutes. Mais ce confinement, m’a montré que j’avais envie d’aller encore plus loin dans mes idées. Et pour ça: step by step. Le doute, fait partie du process. Et apprendre à l’embrasser, plutôt que de l’éviter: ça fait avancer. 2021 sera First Last, je le sais au plus profond de moi, et c’est ça le plus fort de mes moteurs. Mes convictions, mes rêves, et le temps que j’y investis pour les concrétiser.

Je crois que si on avait un verbe à retenir ce serait aussi: ralentir. 

Pour nous, pour la planète, vivre sans se précipiter, réfléchir, prendre le temps de tester, et si on se trompe, s’autoriser à recommencer autrement. 

Prendre conscience que la réussite c’est aussi une histoire de force de groupe, de solidarité, et que chacun peut contribuer à sa hauteur à une vie meilleure.  Ça prend évidemment une vie. Mais cette vie, elle commence pas déjà maintenant?

Je vous embrasse avec force, de loin, mais tendrement. Et puis, bon déconfinement. 

<3

Hilda