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Dans ma tête, il se passe plein de choses. Oui, mille idées à la seconde. Du bon du moins bon, des trucs fous et des trucs, peut être, intéressants à creuser. J’ai remarqué qu’on met souvent de côté une chose très importante, parce qu’on en a peur. Ce sont les erreurs. Oui, la moins bonne performance, la chute sur scène/cours/casting, le hors-sujet, la fausse note, le pas moyennement réalisé, le dérapage pas contrôlé… Enfin, le truc que tu ne souhaites pas qui t’arrive mais qui t’arrivera quand même un jour, parce que tu ne pourras pas y échapper. Alors, rien de tel que de parler du problème pour bien commencer la rentrée.

Nos métiers, beaux et agréables du côté scène et paillettes, demandent un investissement personnel total côté coulisses.

Et lorsque nous échouons, la  frustration est à son comble. Nous sommes professionnels et continuons de danser, chanter, jouer… mais dans nos têtes c’est Panique général, et/ou un joyeux lot d’insultes à nous mêmes et/ou une grande déception.  On peut même réussir à se dire « JE SUIS NUL/LE » pour un bras droit levé au lieu d’un bras gauche sur une chorégraphie de 65 minutes.

Ce qui se passe en nous.

Nous sommes parfois impitoyables envers nous-même.

Mais jusqu’à preuve du contraire, danseurs/chanteurs/comédiens/musiciens/et autres artistes, nous sommes nous aussi… Humains.

Même si nous tendons tous vers l’excellence, et travaillons avec passion pour maitriser chacun de nos gestes/notes/textes « L’erreur est humaine ».

Il y a quelques mois, Misty Copeland, première danseuse noire a avoir atteint le rang de soliste a l’American Ballet theatre, a vivement été attaqué sur Twitter. Suite à un minuscule problème technique dans le fameux ballet, « le lac des cygnes » quelqu’un l’a qualifié de « désastre, et honte pour l’American Ballet ». Voici la vidéo:

Genre? Elle, un désastre, la première danseuse noire a avoir atteint le rang de soliste à l’American Ballet Theatre dans ce monde du ballet qui peut parfois être très conservateur?

Quand j’ai dis ça à Riri elle était choquée.

Elle, Misty pas Riri, a réagi via instagram. En mettant le lien de cette vidéo filmée et diffusée sur YouTube et en répondant à ce commentaire. Cf la légende sous ses posts. Désolé c’est en anglais.

Sa réaction et son discours résonnent beaucoup en moi. Nous avons parfois tendance à oublier que la danse (chant, musique) est un art avant tout. 

Et peut être que les réseaux sociaux y sont pour quelque chose?

Avec toutes ces vidéos « performance », de personnes qui exécutent 4000 pirouettes, sautent à 3m de haut, lèvent leurs jambes à 360 degrés, font des trucs qui paraissent impossible à faire et tout ça à 9 ans… Forcément, ça peut foutre des complexes.

Oui, je sais que toi aussi tu réagis comme çà.

Je suis la première à adorer quand j’ exécute encore plus de pirouettes, ou que je lève ma jambe au dessus de ma tête, mais à quoi ça me sert si je ne sais faire que ça?

Performer c’est bien, travailler sa technique ESSENTIELLE.

Mais je préfère ,et de loin, être une artiste qui rate certains de ses steps en dansant à fond, plutôt que de chercher une performance à tout prix.

J aime la technique. Je travaille autant que je peux, au maximum de mes capacités, afin de toujours améliorer l’exécution de mes pas. Mais la vraie raison qui me fait danser, c’est de raconter des histoires, transmettre une émotion à travers mes pas. La technique n’est qu’un outil. Pas mon but.

« La technique est au service de l’artistique, pas l’inverse » disait mon maitre de danse classique Jean-Marc Marquerol.

Mon but, c’est de toucher au moins une personne dans le public à travers mon interprétation. Et tant pis si je tombe. L’avantage, c’est que je sais me relever.

Les erreurs sont faites pour ça. Apprendre. Et continuez malgré tout.

Quand tu te relèves juste après avoir chuté sur scène.

C’est ce qu’a fait Misty Coppeland. Au lieu de s effondrer à l’instant T, elle a juste continué son histoire (et ses fouettés). Et entre nous, il en faut de la technique et du self control pour continuer même lorsqu’on fait une erreur. C’est même à ce moment là que l’on reconnaît les pro, les vrais.

C’est pour ça que j’aime aussi la démarche de Shelby avec sa satirique « biscuit ballerina », qui dédramatise la technique de ballet en nous faisant rire. Et c’est aussi pour ça que j’ai commencé l’aventure Hilda en septembre dernier:

Pour raconter l’humanité derrière nos métiers.

Faire des erreurs, rater, c’est aussi important et peut être même plus interessant que réussir du 1er coup.

Parce que c’est à ce moment là qu’on apprend.

J’ai fais, je fais et je ferai des erreurs,  et merci parce que cela me permet de trouver des solutions pour avancer, et évoluer. Faire des erreurs, c’est ce fameux « avoir de l’experience »! Et oui!!  C’est ce que je trouve le plus intéressant dans nos métiers, chercher SON propre chemin.

Alors Amis artistes: TOUT VA BIEN.

Nous sommes humains, nous nous trompons, nous tombons sur scène, mais nous nous relevons. Rions de nos erreurs,  célébrons les et servons nous en pour avancer, souriez parce que vous avez raté. Parce que rater vaut plus que toutes les théories du monde.

« Jamais rien d’autre. Essayer. Rater. Qu’importe. Essayer encore. Rater encore. Rater mieux. »
Samuel Beckett

Je crois bien que c’est ma devise. Et pour les personnes qui ne chercheraient que les erreurs lorsqu’elles vont voir un spectacle par exemple, ou les danseuses et danseurs qui aiment parler des erreurs des autres pour le plaisir de « bitcher » et/ou pour valoriser leur manque de confiance en eux…

Plutôt que de rester sur le problème, regardez comment les autres font pour trouver une solution.

Et pourquoi pas même l’aider?

Vous verrez c’est fantastique. C’est même à sa capacité de rebondir que l’on reconnait un artiste de talent. Et avant de parler, rappelez-vous que personne n’est a l’abri de l’erreur et que « les arroseurs aussi se font arrosés ».

C’est tout pour moi.

(Lâchage de micro à la Obama).

Bisous les Biches. Et une magnifique rentrée à toutes et tous!

Hilda